Illustration : Courir à jeun pour l'ultra ?

Courir à jeun pour l'ultra ?

Sortie à jeun, régime cétogène, « train low » : ce que montrent les études sur la performance en endurance, et comment s'en servir sans y laisser sa santé.

Manger avant aide. Le low-carb ralentit.

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Études réunies : manger avant aide les efforts longs (Aird et al., 2018)
−1,6 %
Sur 10 km marche avec le régime low-carb, contre +5 à +7 % avec les glucides (Burke et al., 2017)
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Étude solide montrant un gain en ultra grâce au jeûne, à notre connaissance

Notre verdict.

Preuve moyenne · solide en endurance, peu de données en ultra

Manger avant un effort long améliore la performance (Aird et al., 2018). Le régime très pauvre en glucides dégrade l'économie de course, même chez des élites (Burke et al., 2017). Quelques footings à jeun, pourquoi pas ; une stratégie de course, non.

Trois choses différentes.

PonctuelLa sortie à jeunLe matin, sans petit-déjeuner.
CibléLe « train low »Quelques séances avec peu de réserves de sucre, en mangeant normalement le reste du temps.
PermanentLe régime low-carb ou cétogèneTrès peu de glucides, tout le temps, pour brûler surtout des graisses.

Manger avant aide, sur le long.

Méta-analyse · 2018Aird, Davies et CarsonÊtre nourri améliore les efforts de plus d'une heure environ46 études. Pas de différence nette sur les efforts courts. À jeun, on brûle plus de graisses, sans aller plus vite.Avantage au repas

Le low-carb chez des élites.

Étude · 2017Burke et al., Institut australien du sportLe régime low-carb rend moins économique, et efface le gain d'entraînementMarcheurs internationaux, 3 semaines d'entraînement intensif. Sur 10 km : +6,6 % et +5,3 % pour les groupes riches en glucides, −1,6 % pour le groupe low-carb.Effet négatif

À retenir.

Le groupe low-carb brûlait bien plus de graisses. Il lui fallait aussi plus d’oxygène pour aller à la même vitesse. Brûler plus de graisses ne veut pas dire aller plus vite.

Et en ultra ?

L’argument classique : l’intensité est basse, les graisses suffisent. La position de l’ISSN (Tiller et al., 2019) reconnaît qu’il y a très peu de données en ultra, et pointe deux risques :

  • manger trop peu sur la durée : c’est le déficit énergétique (RED-S), avec ses effets sur les os, les hormones et les blessures ;
  • arriver en course avec un ventre non entraîné à recevoir des glucides. Voir Entraîner son intestin.

L’ISSN préfère adapter les glucides à la charge d’entraînement, plutôt qu’un régime unique.

En pratique.

  • Séance clé, sortie longue : mangez avant, mangez pendant.
  • Un footing facile à jeun de temps en temps, moins d’une heure : possible si vous vous sentez bien. C’est une préférence, pas une méthode démontrée.
  • Pas de sortie longue à jeun avant une course : vous entraînez votre corps à ne pas manger, alors qu’il devra manger le jour J.
  • Perte de poids non voulue, cycles perturbés, blessures à répétition : signes possibles d’un manque d’énergie. Parlez-en à un médecin du sport.

Combien viser en course : Combien de glucides par heure.

Notre avis.

Le jeûne est une mode, les glucides sont une donnée. Quelques footings à jeun ne font de mal à personne, mais aucune étude solide ne montre qu’ils font courir un ultra plus vite.

Vous voulez mieux brûler vos graisses ? L’outil qui marche, c’est le volume d’endurance fondamentale. Pas le frigo vide.

Sources

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